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L’effet pervers de la balance

La préoccupation excessive à l’égard du poids est un problème aussi important que l’obésité. L’un peut même mener à l’autre.
Combien de femmes aujourd’hui aux prises avec un problème d’embonpoint ou d’obésité avaient un poids santé dans leur jeune âge et désiraient quand même perdre du poids à cette époque ?
Se peser tous les jours fait partie des facteurs qui renforcent l’obsession à l’égard du poids. Le matin où le pèse-personne indique une diminution de poids, on ressent généralement une grande satisfaction intérieure qui peut se traduire inconsciemment par l’envie de manger un peu plus durant la journée, en guise de récompense. D’autre part, le matin où notre poids est supérieur à celui de la veille, on peut être déçu et porté, du même coup, à se punir avec exagération en mangeant moins de façon obsessive et en faisant plus d’exercice de manière compulsive.
Ces réactions typiques engendrées par le chiffre du pèse-personne sont assez inquiétantes parce qu’elles renforcent l’obsession du poids.
Mais avez-vous déjà pensé que le chiffre que vous voyez sur le pèse-personne n’est peut-être pas le bon? En effet, au moins dix facteurs influencent le poids apparaissant sur le pèse-personne : le moment de la journée, les vêtements portés, la période du cycle menstruel, la consommation d’aliments salés, le manque de sommeil*, certains médicaments, le gain musculaire résultant d’exercices, la constipation, la quantité d’eau bue dans la journée, etc.
Si vous êtes de tempérament à aimer avoir des données précises, avouez que le pèse-personne n’est pas votre meilleur indicateur!
La meilleure façon de mesurer ses progrès sans le contrôle du pèse-personne consiste à s’observer soi-même. Oui, observer les changements de son corps, dans le miroir qui ne ment pas, dans l’aisance de nos vêtements, dans l’exécution plus fluide de certains mouvements. Moins précis, me direz-vous, que le pèse-personne? Au contraire, rien de mieux que de connaître son corps et de le sentir pour apprendre à le respecter à sa juste valeur, en cessant de le livrer à l’esclavage de chiffres basés sur des calculs de poids ou de pourcentages de gras santé, lesquels sont influencés par plus d’une dizaine de facteurs variables.
Au début, lorsque l’on arrête de se peser, on peut craindre de perdre le contrôle de la situation. « Si jamais mon poids augmentait sans que je m’en aperçoive ». Cette peur s’atténue jour après jour pourvu que l’on mange en fonction de ses signaux de faim et de satiété et que l’on garde un contact direct avec son corps par l’observation décrite précédemment. Un des avantages de ne pas se peser, c’est la réduction des émotions négatives causées par les chiffres du pèse-personne à la hausse et qui ne sont souvent qu’éphémères et sans fondement solide.
Et si, malgré l’écoute des signaux de faim et de satiété, de même que l’activité physique régulière, votre silhouette ne semblait pas changer pour la peine, c’est peut-être que vous en êtes arrivé à votre poids de consigne (c’est-à-dire le poids que le corps cherche à conserver) et qu’il est peut-être temps d’entamer la phase d’acceptation, ce qui veut dire qu’il faut cesser l’acharnement à tout prix, le combat de tous les jours, sans pour autant verser béatement dans le laisser-aller.

Et vous, vous pesez-vous souvent? Avez-vous l’impression que votre pèse-personne vous aide ou qu’il vous nuit?

Mes convictions : Pour changer ses habitudes alimentaires, il faut reprendre contact avec soi; écouter ses signaux de faim et satiété, changer nos pensées d’auto-sabotage, se faire plaisir et découvrir le goût de manger et de bouger sainement.

* Le lien entre le poids et le manque de sommeil n’est pas clairement défini, mais les chercheurs ont observé que les sujets qui dorment moins présentent des taux de leptine plus faibles. Cette hormone, secrétée par le tissu adipeux, stimule la dépense énergétique et diminue la faim.